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Quelques données sur le suicide en milieu scolaire

En milieu scolaire, la  période qui suit un suicide est un période sensible.  Le risque que survienne un autre suicide suite à un décès par suicide dans une école serait trois fois supérieur et ce, particulièrement dans les 3 semaines suivant le décès (Gould et al., 1990; Poijula et al., 2001, Shaffer, 1988).

La durée de cette période de fragilité du milieu peut durer plusieurs mois. Ainsi, une étude a démontré que sept mois après la perte d’un pairs, les idéations suicidaires (avec plan de passage à l’acte) étaient plus fréquentes chez les adolescents ayant été exposés au suicide d’un pairs (Brent et coll.1994) que chez les autres adolescents.

Malgré ces constats, plusieurs écoles  hésitent à mettre en place des mesures d’intervention ou à parler ouvertement du suicide par malaise ou par peur de favoriser les passages à l’acte de d’autres élèves. Or, un deuil non accompagné est davantage susceptible de favoriser le passage à l’acte chez les élèves plus fragile et perturber le fonctionnement du milieu. La mise en place de mesures visant à atténuer les répercussions psychologiques liées à l’événement  (culpabilisation, sentiment de responsabilité, colère, dépression) est cependant reconnue comme étant essentielle pour répondre à la détresse possible des amis et des pairs (Parrish &Tunkle, 2005; Hanus, 2005) et réduire les risques de contagion.

La littérature fait également état de la nécessité de la mise en œuvre d’activités de postvention (voir la définition) dans les 24 heures suivant le suicide (Leenaars & Wenckstem, 1996, King, 2001; Hanus, 2004) tout en soulignant l’importance d’adapter l’intervention selon les différents groupes de jeunes et en soutenant particulièrement ceux qui sont plus susceptibles d’être fragilisés par l’événement (pairs très proches, jeunes qui souffrent d’un trouble de santé mentale, etc.).

Or, des participants à l’activité thématique ayant vécu une expérience de postvention témoigne de la difficulté dans le maintien d’interventions et d’accompagnement à plus long terme. Cette réalité inquiète les intervenants, notamment dans le cas des écoles qui ne disposent pas de ressources pour poursuivre l’intervention lorsque les intervenants du CSSS se retirent ou sont mis à distance par l’école qui préfère « passer à autre chose ».  Selon ces intervenants, si les élèves évoquent le besoin de parler des émotions, de la dépression, du suicide à l’école, il s’agit d’un thème encore tabou et les écoles sont réticentes à l’aborder de front.

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